|
Pourquoi soudain ce réveil des médias
et du gouvernement, près de 3 mois après ? La presse économique annonce la faillite financière de la France
Si vous avez encore confiance dans le système économique et
financier français, ne lisez surtout pas le supplément Europe du Nouvel Économiste du 22 Juillet
2005
|

|
Le relativisme, ennemi des valeurs républicaines
Par Ken Weinstein [30 novembre
2005]
Les émeutes survenues en France ces dernières semaines trahissent
une crise nationale profonde tant au niveau moral que politique et économique.
La France s'enfonce depuis quelques années dans un doute et un pessimisme
inquiétants pour les nombreux observateurs américains qui voient dans la
situation française une métaphore de l'avenir incertain de l'Europe occidentale.
La faillite du modèle républicain s'intègre à une crise de conscience
plus grave qui frappe l'Occident depuis des décennies. Malgré les défauts
inhérents au modèle républicain, la crise qui l'affecte révèle surtout la
quasi-toute-puissance du relativisme culturel dans les moeurs des Occidentaux.
Ce relativisme, lui-même produit de la philosophie occidentale, nous retire la
capacité de faire clairement la différence entre la tolérance libérale,
indispensable depuis l'époque des Lumières vis-à-vis de tous ceux qui ont
demandé refuge à l'Occident, et une tolérance totale à l'égard de toute sorte de
comportements, y compris les plus contraires à l'esprit du libéralisme politique
et moral. La permissivité n'est qu'une version travestie de la tolérance
libérale. Le relativisme a progressivement mis à mal la confiance en soi et la
force des repères des Occidentaux.La France se trouve aujourd'hui dans une
situation de doute. Les récentes émeutes n'ont été que le point d'orgue de sa
crise de confiance en soi. Comment les immigrants peuvent-ils vouloir s'intégrer
dans un pays rejetant son propre héritage, remettant en cause si violemment sa
culture, son histoire – une histoire dont il a, en l'occurrence, toutes les
raisons d'être fier ?
La politique complaisante menée
depuis des années doit connaître un virage radical. Elu pour lutter contre la
«fracture sociale», le président de la République semble n'avoir fait
qu'aggraver celle-ci, masquant ses échecs par une politique étrangère
grandiloquente et anti-américaine qui n'a fait qu'isoler encore plus son pays.
Les solutions existent, mais elles demandent une volonté que le président ne
semble plus avoir.
Le système de protection sociale
français devrait aussi être revu. Celui-ci, fondé sur des minima sociaux élevés
risquant de dissuader l'emploi, a vite oublié que le travail demeure, pour la
plupart des citoyens d'un pays, le premier facteur d'intégration. L'incitation
au travail, qui doit passer par un plus grand écart entre subventions de chômage
et salaire minimum, doit être relancée, afin de recréer le lien social.
Un certain nombre de mesures doivent être prises de toute urgence.
Il faut, avant tout, développer les opportunités économiques pour tous les
Français, mais en priorité pour les banlieues défavorisées. Les zones de
compétitivité, mises en place par l'Angleterre depuis les émeutes de Brighton en
1981, permettraient, dans un premier temps, de relancer les investissements dans
les quartiers sensibles. Il est aussi urgent de réduire les impositions et les
régulations pesant sur les petites entreprises.La France doit bien aller au-delà
d'un grand débat sur son «modèle social». Elle doit faire renaître un nouveau
cadre républicain, depuis longtemps mort et enterré sous les assauts de ce
relativisme dangereux.Il est urgent que la France se penche sur les failles de
son modèle. Ses élites, à commencer par le président de la République, n'ont pas
su écouter les nombreux signes qui leur ont été envoyés. Des sifflets de «la
Marseillaise» au Stade de France à la campagne référendaire sur la Constitution
européenne (marquée par un assaut contre le libéralisme et une crainte immodérée
des «plombiers polonais»), le malaise a déjà été maintes fois démontré.
Les Français sont aussi appelés à admettre que les populations
issues de l'immigration sont françaises et que cette réalité ne peut être
changée. Le racisme et la discrimination doivent être combattus avec la plus
grande vigilance. Bien qu'il faille se garder de toute victimisation des jeunes
responsables des violences, ceux qui souhaitent s'en sortir par le travail et
l'effort doivent voir leurs bonnes volontés récompensées : la discrimination à
l'embauche qui touche encore de trop nombreux jeunes doit être combattue avec
une grande fermeté. De la même manière, les mécanismes de mobilité sociale
doivent être renforcés. Bien qu'il ne nous appartienne pas de décider quelle
voie la France prendra à cet égard, il convient de saluer l'effort qui est fait
par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy en termes de propositions pour
faire avancer le débat. Celui-ci a raison lorsqu'il soutient une rupture avec le
modèle social français, tandis que les autres se contentent d'aménager ce qui
s'avère être toujours davantage un fardeau majeur.
Mais ces mesures
de court terme ne suffiront pas. Les Français doivent avant tout reprendre
confiance en leur capacité de «relance» du rayonnement de leur pays, tant sur la
scène nationale que sur la scène internationale. Si la passivité et l'attentisme
l'emportent, le sort de la France pourra raisonnablement inquiéter ses alliés.
Si les Français décident de prendre leurs responsabilités et de faire face aux
réformes indispensables qu'ils doivent entreprendre, les émeutes auront
véritablement connu une réponse. * Philosophe, politologue,
président-directeur général de Hudson Institute (Washington).
Merci pour votre soutien, continuez à
parler de notre site autour de vous, inscrivez vos amis, familles et tout
ceux qui veulent participer à agrandir et promouvoir le site. DON'T
FORGET YOUR SUPPORT IS VERY IMPORTANT FOR US
|