Il semblerait, que la cinquième
république française souffre, depuis toujours, d’un trouble qui semble
incurable. Un mal nommé, de nos jours, désinformation et mal-information qui
transforme le débat démocratique en une pensée unique partagée par les
différentes forces vives du pays.
Déjà, sous la présidence du Général De Gaule, existaient
la fonction du ministre de l’information mais aussi celle de ‘’braves’’
journalistes qui, lors des conférences de presse, posaient les bonnes questions
qui ne fâchaient guère. Malgré la libéralisation des fréquences et la
multiplication des médias, décidées par François Mitterrand dès 1981, il est
facile de nos jours, ( bien que sérieusement contesté ) de constater que, tous
médias confondus, la pensée unique bat son plein et réduit le débat public à sa
plus simple expression. Cette liberté tant attendue, alors, est dévoyée à tel
point que les Français -lors d’un sondage européen- purent affirmer, à près de
60%, qu’Israël est la principale menace pour la paix mondiale. Pays pourtant
largement reconnu pour la grande qualité de sa démocratie et sa défense des
valeurs des Droits de l’Homme mais, cependant, précédant dans ce sondage des
pays comme l’Iran ou la Corée du Nord, théocratie et dictature communiste en
quête d’armements nucléaires.
Résultat obtenu sur des sondés abreuvés quotidiennement
d’images télévisuelles, d’articles et de dossiers explicitant, dans la très
grande majorité des médias, le conflit israélo-arabo-musulman d’une manière
manichéenne où la soldatesque israélienne ‘’emprisonne, martyrise et assassine
le peuple palestinien’’ et où le pouvoir juif égale le troisième Reich dans sa
bestialité
Si les médias français se défendent de toutes critiques
concernant leur flagrant parti pris, et n’hésitent pas à accuser les soutiens
d’Israël de mauvaise foi, il est aisé -à quiconque le souhaite- de vérifier que
les ‘’Palestiniens’’ bénéficient, par contre, d’un traitement particulier de la
part de cette presse hexagonale. Il est en effet difficile, voire impossible, de
trouver dans ses colonnes une transcription régulière de la corruption des
dirigeants du ‘’peuple palestinien’’, de leur double langage politique, de leur
justice expéditive, de leur éducation scolaire ignorant l’Etat d’Israël et ses
droits, de leurs prêches religieux appelant à la libération de la ‘’Palestine’’
du nord au sud et du Jourdain à la Mer Méditerranée ou, encore et sans
exhaustivité, les clips musicaux télévisuels glorifiant les « martyrs »
meurtriers d’innocents israéliens vaquant à leurs occupations.
En revanche, les faits israéliens sont analysés et
disséqués à la loupe grossissante, quand ils ne sont pas tronqués et transformés
dans l’objectif de calomnier. Pour en être persuadé, il suffit de se remémorer
quelques abus devenus célèbres depuis « la Guerre d’Oslo » appelée l’Intifada
Al-Aqsa par le milieu journalistique français.
A commencer par l'allégation, par la rédaction de France
2, de ‘’l’assassinat’’ sadique, le 30 septembre 2000, de l’enfant
‘’palestinien’’ Mohamed Al-Dura par les soldats israéliens sans avoir d’autre
preuve réelle que le témoignage visuel de leur caméraman, lui-même
‘’palestinien’’. Affirmation encore soutenue de nos jours, bien que les rushes
-ayant servi à l’accusation- restent soigneusement cachés des téléspectateurs,
absolument convaincus de ce ‘’meurtre’’ virtuel.
On peut aussi se souvenir de cette photo d’un soldat,
matraque à la main et hurlant, se dirigeant d’un pas alerte en direction d’un
civil, assis au sol, au visage ensanglanté, victime -selon la légende du
quotidien Libération- de la barbarie israélienne. L’enquête de journalistes
étrangers scrupuleux démontra, alors, que le soldat israélien était un druze
accourant au secours d’un étudiant juif américain victime de la barbarie
‘’palestinienne’’. Enquête qui sombra dans les profondeurs de l’oubli et laissa
le lectorat de ce quotidien dans la quasi ignorance du mensonge
écrit.
Et pour compléter ce petit panel très succinct, on
retiendra aussi la condamnation pour antisémitisme du quotidien Le Monde suite à
la publication d’un pamphlet de trois intellectuels, très en vogue dans les
salles des rédactions parisiennes, affirmant « que les Juifs prennent plaisir à humilier les
Palestiniens ». Opinion largement justifiée, on en conviendra, par
les fausses accusations précédentes de ‘’meurtre’’ et de ‘’sauvagerie’’
israélienne.
Par cette critique permanente, arbitraire et sans appel,
on cherche vainement les raisons logiques de la détestation quasi unanime de ce
petit pays de six millions d’âmes juives et d’environ 20.000 km². Raisons qui ne
s’expliquent absolument pas rationnellement, sauf à y rattacher des intérêts
particuliers et/ou politiques.
La première cause de cette haine est, bien sûr,
l’antisémitisme dissimulé derrière le paravent de l’antisionisme. Fléau éternel
n’épargnant nul milieu, y compris celui des journalistes, pourtant, réputés être
des intellectuels. Alain Ménargues en est une parfaite illustration. Mais se
contenter de cette raison serait faire fi de la réaction rapide de ses
collègues, réclamant, suite à ses délires, son départ urgent de la station de
radio à laquelle il collaborait.
Une autre raison explicative est l’idéologie des
extrêmes, de droite comme de gauche, qui fut à l’origine de bien des malheurs de
la planète. Mais il serait difficile de reprocher cette haine doctrinal
-constatée en leur sein à l’encontre d’un état qui défend ( par la force si
nécessaire ) sa culture, ses frontières et son drapeau- à des journaux
centristes n’hésitant pas à faire valoir ces mêmes valeurs pour leur
pays.
Un troisième prétexte à cette diabolisation permanente
serait la quête du lectorat arabo-musulman, nettement plus important en nombre
que celui de la communauté juive. Mais si l’argent est une composante importante
pour les médias, cette cause se vérifie uniquement pour les médias
audio-visuels. Les journaux, quant à eux, ne peuvent compter augmenter leur
tirage dans cette population préférant, plutôt, une information facile et
immédiate que celle obtenue par un effort de lectures et de compréhensions.
Si ces trois raisons se complètent pour donner une
explication logique à la haine d’Israël, il en est une autre qui fédère
quasiment tous les médias audio-visuels et écrits. Celle de l’argent des
contribuables distribué sous la forme de redevances, d’aides ( maquillées ou non
) et/ou de commandes de l’état aux grands groupes possédant les médias
privés.
Le choix entre une probité intellectuelle et un
renflouement des caisses, souvent vides, explique, alors, le peu d’empressements
des journalistes à réprouver la politique étrangère du Président de la
République Française. Une politique, continuatrice des présidences précédentes,
qui l’a aperçu se prétendre donneur de leçons de morale, mais aussi juge et
parti dans la condamnation perpétuelle de ce petit « pays dominateur et sûr de lui » dans sa
guerre de légitime défense. Réprobation annonciatrice d’une aggravation d’une
politique arabe de la France frôlant, à plusieurs fois, l’incident diplomatique
entre ces deux pays, pourtant appartenant tous les deux au camp
occidental.
Il y a donc plusieurs ‘’bonnes’’ raisons journalistiques
de vilipender l’Etat d’Israël. Des raisons mercantiles très souvent conjuguées à
des raisons idéologiques. Toutes cadrant parfaitement avec la politique
pro-arabe, souvent abjecte, de l’Etat français. Il est donc difficile
aujourd’hui, et plus encore demain, de trouver des médias indépendants préférant
informer que distiller une propagande nauséeuse. Ce qui préfigure d’un mal être
français s'accroissant.
Victor PEREZ ©
http://victor-perez.blogspot.com