Épouvantables
impressions après un démocide
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Quelles peuvent être les réflexions d’un
individu, nouvel habitant d’une ville qui vient de subir un attentat suicide ?
Plus précisément un crime contre l’humanité. A vous répondre
franchement, la première réaction et de rechercher, mentalement, l’emplacement
géographique de vos proches pour, ainsi, vous rassurer.
La seconde est
de vous remémorer votre dernière visite sur les lieux de cet assassinat
collectif et de remercier chaudement le seigneur pour avoir conseillé au barbare
un autre moment pour aller rejoindre les 72 vierges qui lui ont été promises par
quelques tarés d’Allah. Après ces considérations mesquines, mais
naturelles, vous vous concentrez sur les reportages en direct et prêtez
attention aux différente images, commentaires et témoignages des blessés. Mais
aussi de leurs parents, affolés à l’idée de perdre cet être, si précieux à leurs
yeux. Témoignages divers qui ne peuvent vous laissez insensibles si vous
appartenez à la race humaine. Notamment celui d’une femme, blessée elle même,
s’étant aperçu de la présence du terroriste, ayant averti les vigiles et n’ayant
pu arrivé à temps pour lui retirer sa main du sac qu’il tenait fermement contre
lui. Leçon de courage ou d’inconscience ? Celui d’un homme âgé qui,
après l’explosion, n’a pensé qu’à retrouver sa femme saine et sauve, malgré ses
blessures légères. Ce qui fut le cas. Ou d’autres encore vous faisant
prendre conscience de votre impuissance à arrêtez ces démocides. Comme
un zombi, vous entendez les commentaires des personnes autorisées, vous regardez
les images de sacs blancs étalés sur le trottoir et vous concevez que le drame
est là. Chaque sac représentant un monde écroulé et un paquet de larmes qui
coulent ou qui vont couler. Un sac de douleurs, de peines inqualifiables. Et un
nombre de vies, sinon écroulées, réduites au strict minimum pour une période
assez longue. Vous émergez de ce drame en direct avec une impression de
haine, et vous n’avez qu’une envie, celle de qualifier cette bête inhumaine de
tous les noms d’oiseaux inimaginables et inventés pour
l’occasion. Ensuite, vous tentez de reprendre le cours de la vie et
répondez au téléphone qui ne cesse de sonner. Tant bien que mal vous rassurez
ceux qui s’inquiètent de votre santé en tentant d’escamoter vos émotions
étranges et contradictoires qui s’amplifient lorsque vous allez chercher vos
enfants à l’école. C’est alors que votre fille aînée vous dis : « papa, je t’ai
appelé ce matin à la maison car je me suis inquiété pour toi ». C’est
là, à la découverte de son angoisse, que l’envie de pleurer vous saisit. Vous
noue la gorge. Vous empêche de parler et vous incite à saisir votre enfant, vos
enfants très fort dans vos bras. Comme pour vous prouver que vous êtes vivants
et heureux de l’être. Après vous êtes ressaisi, vous recherchez
anxieusement dans la liste de noms des tués si le nom de proches et de
connaissances s’y trouvent, dans l’espoir sordide de n’en trouver aucun et que
ces noms appartiennent à d’autres. A d’autres !!! C’est à ce moment que
les remords vous saisissent car vous vous rendez compte que ces « autres »
appartiennent au peuple juif, votre peuple. Autrement dit, ma
famille.
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