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Israël - Du chagrin à la joie, en une seconde… Par Yaël Attal Gusi pour
Guysen Israël News
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La notion de temps est fondamentale dans le Judaïsme. En une seconde nous
passons d’un état à un autre ; par exemple l’heure de l’entrée de Chabbat est
très précise et si l’on peut toute la journée vaquer à des occupations diverses
(travailler, écouter de la musique, conduire, cuisiner…) en moins d’une minute,
on doit arrêter toutes ces activités profanes pour ainsi pénétrer dans une toute
autre dimension espace-temps.
Il en va de même pour le commencement
d’un jeûne, de la limite fixée pour dire certaines prières, pour le temps à ne
pas dépasser lors de la fabrication des Matsot… « Avant l’heure, c’est pas
l’heure, après l’heure c’est trop tard », comme disait la chanson !
En
Israël, la vie va très vite. Parmi les choses que détestent le plus les
israéliens (les impôts viennent en tête), celle de perdre leur temps est la
pire. On emploie à longueur de journée ici une expression qui veut tout et rien
dire : « H’aval al hazman » (littéralement : dommage pour le temps). C’est
d’ailleurs tellement « dommage » qu’on a raccourci l’expression en « h’avlaz »
et de 5 syllabes on est passé à 2, c’est toujours ça de gagné !
Quand
malheureusement il y a un attentat, les secours arrivent à une vitesse
incroyable. Il suffit d’entendre plusieurs ambulances débouler avec le klaxon
sans relâche, pour que chaque conducteur comprenne immédiatement ce qui se passe
et se range sur le côté, afin de laisser passer les sauveteurs. Tristement mais
heureusement, les secours sont organisés de façon telle, que chaque intervenant
sait exactement ce qu’il doit faire, où intervenir en tout premier lieu, que
rechercher, qui soigner immédiatement etc… Il y a un ordre incroyable dans tout
ce désordre. Mais ce qui est encore plus impressionnant, c’est la rapidité avec
laquelle tout est mis en place pour « effacer » toute trace de cet attentat.
Depuis quelque temps déjà, plusieurs nations envoient leur meilleurs
médecins, afin de s’initier aux techniques israéliennes d’intervention urgente,
en cas d’attentat et notamment pour leur bien triste mais efficace spécialité :
l’opération en pleine rue de certains blessés que l’on ne peut déplacer, et ceci
en milieu non stérilisé bien entendu.
Quand je suis montée en Israël il y
a de cela 13 ans et que j’entendais à la radio qu’il y avait eu un attentat, ça
me rendait malade, j’avais la nausée, un mal de tête terrible tapait dans mes
tempes au point de ne plus pouvoir travailler. Je demandais à rentrer chez moi,
je pleurais, je lisais des Téhilim (psaumes de David) pour la guérison de tous
les blessés… Un jour une collègue m’a dit au travail : « tu verras Yael, au
début c’est insupportable mais avec les années, tu t’y feras ». Je n’ai jamais
compris ce qu’elle entendait vraiment par là, parce-qu’avec les années non, je
ne me suis jamais « faite » à cette horreur.
Il faut reconnaître que les
israéliens sont un peuple fort et courageux. Malgré toutes ces souffrances,
chacun dira que la vie continue, qu’il ne faut pas donner aux terroristes cette
joie de vouloir nous pourrir la vie, que nous ne les laisserons pas nous
détruire et que l’on doit toujours penser vers l’avenir, avancer, construire
encore notre Pays.
Cette année, le Mardi 2 Mai c’est « Yom Hazikaron
léch’ayalei Tsahal » le jour du souvenir des soldats et des civils tués depuis
la Guerre d’Indépendance. La veille au soir, aucun lieu de distractions n’était
ouvert et cette journée va raviver encore et toujours la souffrance ressentie
par les familles, lors de l’annonce du décès d’un ou de plusieurs de leurs
proches. Des centaines d’israéliens se rendront dans les cimetières militaires
et civils afin de se recueillir symboliquement sur la tombe de ceux qui ont
donné leur vie pour que la notre puisse continuer. Les chaînes de télévision
vont diffuser pendant 24 heures des films dont les acteurs ne seront autres que
des familles endeuillées montrant à la caméra des albums de photos, des vidéos,
seuls vestiges leur restant de ces êtres perdus, qu’ils porteront à tout jamais
dans leur âme. Des commémorations seront célébrées dans tout le Pays, des
discours et des paroles de consolation seront prononcés, mais le manque de
l’autre ne disparaîtra jamais…
Et puis à 20 heures précisément ce même
Mardi, nous passerons de la tristesse à la joie, en une seconde. En une seconde,
tout ce chagrin qui embrumait Israël au point de pouvoir presque le palper, va
disparaître pour laisser place aux festivités du Yom Haatsmaout, l’Indépendance
de l’Etat d’Israël.
Le peuple se réunira en liesse dans les rues du Pays,
des orchestres seront installés un peu partout, tout le monde dansera, chantera
et certains se baladeront avec des drapeaux sur les épaules, comme de grands
Talith. Des ballons bleus et blancs s’envoleront dans le beau ciel bleu marine
et argent d’Israël, illuminé par des feux d’artifices allumés un peu partout.
Des adolescents euphoriques se balanceront de la mousse à raser, des cotillons,
des paillettes, se fileront sur la tête des coups de marteau en plastique blanc,
sur lesquels sont dessinées des Etoiles de David bleu. Le délire, la joie, le
rire, assècheront les larmes coulées de certains, tout au long de la même
journée…
Ce Mercredi 3 Mai sera bien sûr un jour férié, le seul qui soit
payé par l’employeur, sans être un jour saint chômé ; c’est dire comme on
l’attend celui-là !
La fête continuera non stop et dans les jardins
publics (qui ici ne sont pas réservés aux chiens !), beaucoup s’adonneront à
l’activité nationale favorite : faire des grillades sur un barbecue à charbons.
Les israéliens mangeront cette année 1.000 tonnes de viande et de poulet le jour
de Yom Haatsmaout, et si depuis peu on a un nouveau parti politique de
retraités, je doute fort qu’Israël voit un jour à la Knesset un parti élu… de
végétariens !
D’autres iront faire de magnifiques balades dans le désert
de Judée, se baigneront dans les belles cascades d’Ein Guédi, feront l’ascension
de Massada au lever du jour, visiteront des bases militaires, car c’est le seul
jour de l’année où elles sont ouvertes au public… Yom Haatsmaout est un jour
merveilleux et il ne prend tout son sens qu’en Israël, bien
évidemment.
Mazal Tov Israël mon Amour pour tes 58 ans, tu es si
merveilleusement ancienne et si jeune en même temps. Puisse le Ciel te donner
une vie éternelle dans la joie et la paix… en une seconde. yael
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