Le gouvernement de M. Olmert a affirmé son intention d'établir les
frontières définitives d'Israël d'ici 2010. Lors d'entretiens avec l'Associated
Press cette semaine, M. Schneller a donné des indications précises sur le
probable futur visage de Jérusalem.
Il précise toutefois que le projet de séparation avec les Palestiniens est
en cours d'élaboration, nécessite l'approbation de la communauté internationale,
et qu'aucun calendrier précis n'a été fixé pour sa mise en oeuvre.
En vertu du plan, la Vieille ville de Jérusalem, ses lieux saints et les
quartiers adjacents, deviendrait une "région spéciale avec des accords
spéciaux", mais resterait sous souveraineté israélienne, souligne le député de
Kadima. Tandis que la plupart des quartiers arabes reviendraient aux
Palestiniens.
Depuis la conquête de Jérusalem-Est aux dépens de la Jordanie lors de la
guerre des Six-Jours en 1967, les Israéliens ont longtemps estimé que la ville
devait rester unifiée sous la souveraineté de l'Etat hébreu. L'idée de céder les
quartiers arabes avait été évoquée pour la première fois lors des pourparlers de
2000.
M. Olmert étant déterminé à mettre en oeuvre son projet, la perspective
d'une partition de Jérusalem apparaît réaliste pour la première fois. Le plan
serait appliqué de manière unilatérale si les Israéliens et les Palestiniens ne
parviennent pas à se mettre d'accord pour reprendre des négociations de paix.
Pour la Cisjordanie, le projet de M. Olmert prévoit le démantèlement de
nombreuses colonies juives dont les habitants seraient transférés vers de grands
blocs de colonies, dont Israël compte garder le contrôle dans le cadre d'un
accord de paix final. M. Olmert souhaiterait parvenir à un accord avec les
Palestiniens par un dialogue fondé sur la "feuille de route", plan de paix
soutenu par la communauté internationale. Mais il s'il le faut, il agira de
manière unilatérale.
Les Palestiniens jugent déjà le projet israélien inacceptable, surtout s'il
devait être mené de manière unilatérale, estimant qu'il ne leur laissera qu'un
territoire tronqué ne permettant pas de construire un Etat viable.
"Le président Mahmoud Abbas refuse d'accepter toute mesure unilatérale et
rejette toute solution provisoire", souligne Nabil Abou Rdeneh, porte-parole du
chef de l'Autorité palestinienne.
Jérusalem est un point de friction majeur du conflit israélo-palestinien et
a constitué une des raisons principales de l'échec des négociations de paix de
2000 à Camp David entre Ehoud Barak et Yasser Arafat sous l'égide de Bill
Clinton. Les deux parties revendiquent la ville comme leur capitale éternelle.
Selon Moshe Amirav, spécialiste de Jérusalem qui a participé aux
négociations de Camp David, le plan d'Ehoud Olmert est presque identique à celui
présenté à l'époque par M. Barak concernant la ville sainte.
Les quartiers arabes cédés aux Palestiniens "seront, à mon vis, essentiels
pour créer la capitale palestinienne (...) al-Qods", souligne M. Schneller en
mentionnant le nom arabe de Jérusalem. "Nous ne diviserons pas Jérusalem, nous
la partagerons."