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Un article
de Charles Dalger dont la logique fait force.
Ha-séfah de-rechah ou ha-rechah
de-séfah ? La fin du début, ou le début de la fin ? Ce questionnement revient à
plusieurs reprises dans le Talmud. Les maitres s’interrogent sur le
développement de leur argumentation. Est-ce la fin de l’introduction, ou
bien le début de la conclusion ? Sauf qu’aujourd’hui, en France, en ce 28
mai 2006, 1er jour du mois de Sivan 5766, nous ne sommes plus dans le
pilpoul de la guémara, mais dans l’interrogation très terre à terre, sur le
proche avenir des Juifs en France. Les mauvais procès intentés par des
juifs antijuifs, comme ceux de ce dénommé Théo KLEIN, et d’un autre,
nommé Eyal SIVAN, contre le toujours gauchiste, FINKELKRAUT, ne nous font plus
rire, même jaune. Ils illustrent simplement, l’agonie peu glorieuse d’une
galoute qui se croyait permanente. Voilà, notre émouna est mise très
concrètement à l’épreuve. Jusqu’en 1993 de l’ère vulgaire, nous avions le choix
de monter librement, nous établir chez nous en Israël. Nous avions la faculté
d’accomplir cette mitsva centrale de la Torah. Mais, nous prenions notre temps,
nous ne voulions pas perdre notre confort, nous ne voulions pas exposer nos
vies, ni celles de nos enfants. Comme la génération des années 1930, nous nous
sentions bien, et en sécurité dans notre exil. La vie juive prospérait, des
yéchivot ouvraient, les écoles juives se multipliaient, tout comme les
restaurants et les supermarchés cachères. Et puis, à sept à ans
d’intervalle, deux cataclysmes se produisirent. D’abord, en 1993, un
gouvernement israélien commis la lourde faute, d’accorder sa reconnaissance
politique, au gang d’assassins arabes qui voulait, et qui veut toujours,
détruire Israël. Le processus du dépeçage du pays était amorcé. Et c’est bien le
cas de le dire, aujourd’hui, Seul, le Saint Béni Soit-Il, sait où, et quand il
s’arrêtera. Aucun humain ne le sait. Le peuple juif en était à s’interroger sur
le bien fondé ou non, de cette folie, quand à Roch Hachana 5761, 30 septembre
2000, les nazislamistes déclenchèrent une attaque, plus vicieuse que les autres.
Oui, une attaque vicieuse. Car cette attaque n’a pas meurtri le Peuple Juif que
dans sa chair, elle l’a aussi ébranlé dans sa raison d’être, par les profondes
déchirures morales, qu’elle a révélées en notre sein. La déportation des
mitnahalim du Goush Katif, et la féroce répression de Amona, n’en sont que deux
des symptômes, les plus douloureux. Pour la première fois de son
histoire, l’état d’Israël refusa de mettre hors d’état de nuire ses agresseurs,
alors qu’il en avait encore, la possibilité matérielle. Beaucoup de Juifs
d’exil, incrédules au début, finirent par se demander, si ce pays avait toujours
la volonté de vivre, du moins de vivre en qualité de pays juif. L’amoncellement
des décisions antijuives, de la cour dite suprême d’Israël, prouve clairement le
contraire, à n’importe quel observateur objectif. Mais, en même temps que se
lézardait la confiance totale en Israël, à cause de ces décisions suicidaires,
de ne pas détruire nos ennemis, pour la première fois depuis la fin de la Shoa,
la situation des Juifs d’Europe occidentale commença à se dégrader, en
particulier en France. Et c’est maintenant, que notre emounat Hachem est mise à
l’épreuve. Que faire ? Où aller ? Beaucoup de Juifs temporisent. Ils changent
simplement d’exil. Ils quittent la vieille Europe, prochainement terre d’islam,
pour d’autres continents lointains, encore momentanément épargnés par ce fléau,
comme l’Amérique ou l’Australie. En France, la dégradation s’accélère.
Après le lynchage politique, après le lynchage médiatique, après les assassinats
individuels, voici revenu le temps des bon vieux petits pogroms.
Donc, exactement dix jours après les avoir publiquement, ostensiblement, voire
officiellement, proférées, un gang d’antijuifs noirs, met ses menaces à
exécution, le plus tranquillement du monde. S’il s’agit de bêtes féroces, du
moins, ce sont des bêtes féroces disciplinées. Ce dimanche après midi, une
troupe en ordre, a paradé en ville, avant de venir occuper la très symbolique
rue des rosiers, dans le 4ème arrondissement de Paris. Les barres de fer, gourdins,
et autres objets contondants, exhibés par le gang étaient superflus. C’était
environ cinq tonnes de muscles sauvages, qui menaçaient la population présente.
Inutile de préciser que, si un engagement physique s’était déclenché, il y
aurait eu des victimes. Mais dans cette histoire, plus que l’agression par
l’intimidation, c’est l’attitude de la police qui est choquante. Il parait
qu’elle avait ordre, de ne pas intervenir. Peu importe pourquoi, ces questions
sont définitivement, sans intérêt. La suite est prévisible. Si cette provocation
n’est pas légalement sanctionnée, elle ne peut pas rester impunie. Ce serait le
recommencement d’une ère de brimades physiques antijuives. C’est
probablement à cela, qu’espère parvenir, ceux qui ont donné l’ordre à la police,
de ne pas intervenir. Exacerber la provocation, jusqu’à ce que survienne un
drame important, pour ensuite avoir des prétextes, contre les fameux
«extrémistes des deux bords», chers aux propagandistes. Le piège est vraiment
grossier, il s’apparente à un squeeze, comme on dit au bridge. Enfin malgré
tout, il existerait bien, une façon élégante et efficace pour en sortir. Mais,
ce n’est pas le lieu, pour en dire plus.
Voilà, à partir d’aujourd’hui,
les Juifs de France savent, qu’ils ne peuvent plus compter sur la police, en cas
d’agression. Bien sûr, il y a toujours des policiers en faction devant les
synagogues pendant les offices. Mais il s’agit de routine. Quand la police sait
qu’une agression doit se produire, et qu’elle n’intervient pas, sur ordre, il
nous appartient d’en tirer nos propres conclusions, et ces conclusions ne sont
pas riantes. Il est probable que le climat va se détériorer. Plus que le nombre
réel, la crainte d’agression va pourrir de plus en plus, la vie des Juifs ici.
Pour le moment, rien ne permet de déceler le moindre indice d’un changement de
tendance. Donc, soit nous nous accoutumons à vivre avec cette crainte, soit nous
partons. Beaucoup partiront. Pour ceux qui resteront, la communauté va
décroitre. Nos enfants et petits enfants, auront de plus en plus de mal à
trouver leurs conjoints. L’assimilation va s’accélérer, sous toutes ses formes,
malgré le regain de piété et d’observance, chez une bonne minorité. Mais, le
changement d’exil n’est pas la solution.
Nous avons le devoir de monter
nous établir définitivement dans notre pays, quel que soit son gouvernement.
Après tout, les gouvernements passeront, le Peuple Juif demeurera, et la Terre
d’Israël nous appartient à jamais. C’est sur place, que nous influencerons
l’avenir du pays, jamais de loin. A quatre jours de la fête de Shabouôt, où nous
commémorons le Don de la Torah, nous devons humblement nous tourner, vers la
seule source de notre confiance.
Charles DALGER, le 2 Sivane 5766 – 28
mai 2006
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