Comme un réflexe conditionné, la première chose qu’on désire en ces
heures de Bérézina israélienne, c’est avoir la sensation de faire quelque chose
en multipliant les initiatives de soutien au gouvernement (voir le discours à la
Knesset de Binyamin Netannyahou, Lundi 17 Juillet), à Tsahal et aux militaires
qui sont nos frères, nos enfants ou parfois, nous-mêmes……. Je soutiens qu’à part
l’expression d’un sentiment de générosité louable et de solidarité indéniable,
cela, non seulement ne sert strictement à rien, mais nous cause du tort. A
charge pour moi d’expliquer cette prise de position agressive, provocante,
polémique, outrancière et scandaleuse de la part de quelqu’un, qui se considère
un authentique et pur patriote israélien. J’avoue qu’à l’instar de ceux,
exaspérés par la lecture de ces lignes,
je souffre de devoir les écrire. Et que ces propos sortent du clavier d’une
personne qui, arrivée de France à la fin des années 70, a servi dans Tsahal au
Liban et pendant plus de 20 ans en active et en réserve et qui n’est pas pris
par des états d’âme pacifiques. Nous n’aurons pas raison du Hezbollah et de nos autres ennemis absolus grâce au potentiel opérationnel et
technologique de Tsahal, des plus avancées au monde. C’est même tout le contraire, c’est ce potentiel des plus sophistiqués qui a permis au Peuple d’Israël de vouer un véritable culte à la force militaire virtuelle et par conséquent de se sentir invincible face aux menaces de destruction proférées à nos portes. Tsahal a cessé d’être cette petite armée du peuple aux moyens rudimentaires, prête à prendre tous les risques et à faire tous les sacrifices lorsqu’une goutte de sang juif était répandue par terre. Cette armée qui,
lorsque trois parachutistes avaient sauté sur des mines en 1966, sans attendre
même l’enterrement des frères d’arme, dès le lendemain, le commandant du
régiment de parachutistes, Raphaël (Rafoul) Eytan, de mémoire bénie, engageait
ses unités dans un raid punitif qui coûta la vie à… 60 légionnaires jordaniens. C’étaient le barème et la promptitude de réaction d’une armée pauvre et
sommairement équipée, mais qui, un an après, était capable en seulement six
jours de réintégrer le Peuple Juif dans les régions qui constituent le berceau
de son Histoire. C’était une armée, sous des aspects bon enfant, aux critères
très rudes et sévères, qui cherchait insatiablement le combat, à établir au plus
vite le contact avec l’ennemi et à l’exterminer en le regardant dans le blanc
des yeux. C’est cette tradition de soldats équipés d’armes à courte portée et au
petit calibre comme le célèbre « Ouzi » qui a fait la légende et la réputation
d’efficacité de la première Armée juive apparue sur la scène de l’Histoire après
2000 ans d’exil.
La capacité, prétendue ou réelle, de Tsahal, a servi d’alibi aux pires
entreprises aventurières de « paix » en passant par toutes les abdications et
retraites de ces dernières années, que ce soit les malheureux accords de Camp
David en 1979, les maudits accords d’Oslo, le pathétique retrait du Liban par
Ehoud Barak en mai 2000, le « désengagement » de Gaza il y a onze mois et les
futurs plans de trahison les uns plus fous que les autres qui, jusqu’à présent,
ne font même pas l’objet d’un nouveau débat. Les missiles dirigés sur une
bande de terre très étroite et fortement peuplée comme le Nord d’Israël ont
produit un nombre anormalement bas de victimes, vu le nombre exorbitant des
katyouchas tirées. Le bilan aurait très facilement pu être de 500 victimes, voir
plus, faisant prendre à cette défaite israélienne l’effet de Pearl Harbor ou du
11 Septembre pour les américains si le Dieu de miséricorde, qui, comme le
confère notre tradition, nous protège à
nous, Son Peuple, malgré nos égarements. Ceci n’est pas l’expression d’une
opinion personnelle de crédulité religieuse ou de mysticisme aigue. C’est
l’expression de Vérité de la protection divine que les évènements que nous
vivons corroborent quotidiennement. D’ailleurs, personne ne veut trop réfléchir
à ce nombre réduit inexplicable de victimes en dépit de l’intensité et de la
précision sans précédent des tirs, sinon, on serait pris de panique ou de
migraine insupportable à la tête.
Tsahal a des réponses pour tous les types de menace. Les citoyens israéliens peuvent dormir tranquilles
(comme à Naharya, ce soir) grâce à leur armée formidable. Les innovations
technologiques, le haut niveau des cadres de l’armée sont garants des risques
« calculés » qu’on doit prendre pour s’ouvrir à des perspectives de paix. Le
retrait du Liban, de Gaza et de Judée Samarie réduisent les risques encourus et
ouvrent à l’Etat d’Israël des possibilités insoupçonnées. La société israélienne
ne peut se permettre cette situation de guerre permanente qui la mine de
l’intérieur. Le Hezbollah, une fois les forces étrangères (c. à d. israéliennes,
pas syriennes) en dehors du Liban, ne sera plus motivé à combattre Israël. Idem
pour les palestiniens une fois qu’ils auront réalisé leur autodétermination et
obtenu leur propre état. Ils sont réalistes et savent qu’ils ne peuvent vaincre
Tsahal » Voici l’archétype de discours avec lequel on a sevré le Peuple
israélien et les juifs de diaspora jusqu’à les abrutir et les soustraire à toute
analyse critique, en dépit du fait que ces propos portent en eux-mêmes une
incohérence flagrante : en effet, si Tsahal est si fort qu’on peut se permettre
le risque de renoncer à des acquis stratégiques comme la profondeur
territoriale, en quoi préserver cette profondeur territoriale constituerait un
danger si Tsahal est si fort ? Si Tsahal est fort, pourquoi y aurait-il urgence
à se retirer de régions qui constituent notre patrimoine national et éloignent
les canons ennemis de nos centres urbains ?! On nous répond que c’est parce que
dans ces régions, la majorité des arabes nous sont hostiles ! Et si ces régions
ne sont plus sous notre contrôle, ces arabes seront moins hostiles et moins
dangereux ? Comme après le retrait du Liban ou après le « désengagement » de
Gaza où les habitants de ces contrées sont subitement devenus sionistes ? Ne se
retire que celui qui est incapable de garder ces régions, n’est ce pas ? C’est
comme cela que les arabes ont interprété le retrait du Liban et le retrait de
Gaza, et pour une fois, ils ne se sont point trompés !
Tsahal n’est pas si fort que
les israéliens et les juifs s’en gargarisent, donc pour nous arabes, le temps
est arrivé d’attaquer l’ennemi juif chez lui, là où il se sent en sécurité et de
l’humilier où ça lui fait le plus mal (par exemple en capturant ses soldats)
pour ébranler sa confiance en lui-même et l’éroder petit à petit jusqu’à sa
perte finale. » Voilà en gros ce que se disent les arabes aujourd’hui, et nos
réactions mitigées, hésitantes et pathétiques ne font que le
conforter.
Pour nous autres juifs, il
reste à savoir si Tsahal est réellement efficace ou pas et peut remplir ses
missions, ce qui ne va pas toujours de paire avec le potentiel technologique et
sa richesse en équipement. Ou bien alors, on cherche à se tranquilliser en se
convainquant que Tsahal est fort pour ne pas se confronter à la réalité ? Quel
est ce paradoxe du discours juif qui dit que nous avons une des meilleures
armées au monde, c'est-à-dire que nous sommes pratiquement invulnérables d’une
part, et d’autre part, que nous ne pouvons nous permettre de garder tous nos
acquis territoriaux et que, par conséquent, nous devons composer avec l’ennemi,
ce qui signifie en clair que nous sommes vulnérables. On voit bien que ce
discours repris par tous les intellectuels et politiciens juifs et israéliens
est incohérent, paradoxal et devrait faire l’objet d’une analyse de spécialiste
en psychologie. Ce qui est sûr, c’est que la réalité n’a pas grand-chose à voir
avec les craintes ou les certitudes exprimées par les élites juives et
israéliennes qui conduisent notre Peuple droit vers l’abîme et mettent en danger
les vies de millions de juifs en Israël et en diaspora. Sans mentionner
l’immoralité et la corruption de toute valeur juive qu’implique l’adoption de la
politique que ce type de discours abracadabrant induit, à savoir, déporter des
juifs de chez eux, détruire leurs maisons, et les faire errer comme des bannis
au profit des pires énergumènes de la planète. Que ce soit en Israël où le
Premier Ministre, malgré sa réputation sulfureuse n’est même plus contesté, bien
que la déroute de la politique de désengagement se dévoile au grand jour et que
notre Pays brûle, ou bien même en France où un intellectuel juif comme A.
Finkelkraut, souteneur des accords de Genève, lors de sa rencontre le 9 juillet
avec le public juif parisien au Centre Rachi dans le cadre d’une émission de
Radio RCJ (écouter enregistrement sur www.radiorcj.com), n’est pas interpellé
par personne sur ces prises de position favorables aux divers retraits
israéliens alors que le Hamas a pris le pouvoir dans l’AP et que les tirs de
kassams pleuvent sur Sdérot, donc que le désengagement témoigne de
l’irresponsabilité, la méchanceté gratuite de ceux qui l’ont conçu et de la
profonde bêtise de ceux qui l’ont approuvé et n’ont ni le courage, ni même
l’honnêteté de l’avouer, ni la probité intellectuelle de constater l’évidence
qu’ils se sont trompés et nous ont trompés de façon colossale. C’est à se
demander parfois si une grande partie du public juif, en Israël et en
diaspora,n’est pas irrémédiablement
anesthésié.
Tsahal, l’Armée de Défense
d’Israël, est entraînée dans cette pente glissante et sert à mettre en œuvre ces
desseins criminels de désengagement, convergeant avec les plans d’extermination
qui se trament chez nos ennemis. Nos bombardements massifs du Liban coûtent la
vie à de nombreux libanais « innocents » - on doit le reconnaître, même si
personnellement cela ne m’émeut pas du tout – d’ailleurs, on remarquera que plus
de 220 victimes libanaises suscitent beaucoup moins de protestations de la part
du monde entier que lorsque l’enfant El Dura a été tué par une balle perdue
palestinienne dont on rend Tsahal responsable. Essayons de comprendre pourquoi.
L’explication que je propose est que ces bombardements massifs ne remettent pas
en cause le principe de retrait territorial israélien que les américains,
européens, russes, l’ONU et les arabes sans oublier les israéliens soutiennent.
Si une seule botte israélienne avait foulé le sol libanais à Rosh-Hanikra, on
aurait entendu un de ces tintamarres d’indignation à tout casser de part et
d’autre de la planète. Là, les protestations sont très mitigées du genre « la
réaction israélienne est disproportionnée ». Cette critique est presque un
hommage par rapport avec ce qu’on avait l’habitude d’entendre. L’Union
européenne fronce les sourcils, mais il n’y a pas de proposition de boycott des
produits israéliens, comme après Jénine où seulement 55 palestiniens avaient été
tués. Pourquoi ? Non pas que le monde comprenne mieux les israéliens aujourd’hui
comme des esprits précipités et faussement naïfs le prétendent, mais parce que
la réaction israélienne, même considérée disproportionnée, ne remet pas en cause
le principe de retrait territorial israélien. Et on veut le maintien au pouvoir
de celui qui a promis que les israéliens non seulement ne réinvestiraient pas
les territoires déjà évacués au Liban et à Gaza, mais qui fait du futur
désengagement l’axe central de sa politique. Donc tant qu’il fait tuer des
libanais « innocents » mais ne fait pas bouger ses troupes, on le laisse faire.
Plus d’une semaine après l’offensive du Hezbollah, pas une force terrestre
israélienne ne s’est encore introduite en territoire libanais pour faire le
travail que les tirs d’artillerie et les bombardements aériens les plus précis
ne peuvent réaliser. Chose impensable il y a encore quinze ans selon les
critères très sévères de réaction que le leadership militaro sécuritaire
israélien s’était fixé.
Pour démanteler
un potentiel militaire et réduire à néant l’ennemi, ce sont exclusivement
l’infanterie, les blindés, le génie militaire qui assurent l’achèvement de ce
travail. Les américains et les anglais n’on pu se contenter des bombardements
massifs en Afghanistan et en Iraq. Ils n’ont pas eu d’autre choix que d’investir
les territoires de ces pays par des troupes terrestres afin d’y atteindre leur
objectif.
S’introduire au Liban et à Gaza est incontournable, bien que cela
représente un danger pour le jeune appelé israélien. Préfère t’on voir sa maman
ou sa petite soeur à Haïfa ou sa grand-mère à Sdérot prendre le risque d’être en
première ligne de feu à sa place ? Et de plus, la destruction des
infrastructures libanaises ou palestiniennes, voir la mort massive d’arabes
civils que les bombardements israéliens provoquent, n’entament en rien la
motivation du Hezbollah au Nord et du Hamas au Sud à poursuivre leurs
agressions. Non seulement, ça ne leur fait rien, mais ça leur fournit de l’eau à
leur moulin et les motivent encore plus. D’autant plus que Tsahal, en dépit des
apparences, s’efforce d’éviter de tuer des civils, sinon ce sont des milliers de
morts que le Liban et Gaza auraient à pleurer.
Dans la conception politique
militaire du monde arabo-musulman, ce qui constitue une défaite cuisante plus
que la mort massive, c’est la perte de territoires. Et afin que cette défaite
arabe soit intégrée par les concernés, il est impératif que les pertes de
territoires leur soient définitives et sans appel, d’autant plus que les régions
en question font partie intégrante d’Eretz Israël, que ce soit Gaza, le Liban et
toutes les régions occupées par nos voisins directs.
Après avoir mis les pays
arabes à feu et à sang après le moindre incident de leur part, l’équation juive
doit être : toute agression arabe, terroriste ou d’autre nature, toute menace
explicite ou insunuée de Nasrallah, d’Ahmnidjad ou d’Assad, ou de n’importe quel
postiche de dictateur arabe doivent se solder par une perte de territoire
musulman ou arabe et non pas par une perte israélienne de territoire comme il y
a onze mois. Si Tsahal est fort comme on le dit, alors que cela soit fait dès à
présent, et si Tsahal n’est pas assez
fort pour le faire, c’est en le faisant qu’il deviendra fort.
Si ce n’est pas encore clair,
ce n’est pas l’envoi de bombes « intelligentes » sur l’ordre de personnes
inintelligentes qui va faire avancer la sécurité nationale de l’Etat d’Israël.
La présence de ces systèmes d’armement ultra sophistiqués où il faut emprunter
le langage de la science fiction pour les décrire, soustrait Tsahal de son rôle
sacré, à savoir combattre l’ennemi sans merci. Pour cela, nul besoin de pléthore
d’armement budgétivore et d’effectifs militaires hypertrophiés. Promptitude et
détermination juives sont de rigueur. D’ailleurs, le Roi Salomon, dont nous
louons la sagesse jusqu’à nos jours, n’a-t-il pas dit qu’un roi d’Israël n’aura
pas « trop de femmes et pas trop de chevaux » ? Trop de femmes, je crois que
tous comprennent pourquoi. Pour ce qui est de notre débat, un roi trop occupé à
satisfaire ses désirs de luxure ne peut être absorbé par ses responsabilités
royales en temps de guerre. Trop de chevaux, il s’agit des écuries royales pour
la guerre. En termes modernes, cela signifie, trop d’avions, trop
d’hélicoptères, trop de véhicules blindés, trop d’équipement, etc. qui sont un
trou sans fond pour le budget national, pour lesquels il faut consacrer toute
les ressources militaires à entretenir, à mettre en état de marche, à apprendre
à utiliser et qui donnent un faux sentiment de confiance en soi et
d’invincibilité, qui démobilisent l’esprit d’initiative et de réflexion et
démotivent. Voir l’épisode de la vedette de la Marine israélienne, hypermoderne,
qui n’a pas pu esquiver alors qu’elle avait tout pour, un tir de missile très
primitif au large du Liban, ce qui a coûté la vie à quatre jeunes marins
juifs.
Qui voudrait prendre le risque
d’une intrusion nocturne, faire face à l’ennemi et l’exécuter en l’entendant
haleter ses dernières respirations si on a l’illusion de pouvoir le faire
exploser à distance, sans se salir les mains, assis sur une chaise rembourrée
devant un écran LCD ? Le problème, c’est que devant l’écran LCD, on met en œuvre
beaucoup de pyrotechnique, on ne prend pas de risque, on engage des moyens
onéreux, mais l’ennemi a plus de chance d’en réchapper que si un fantassin de
Golani, au mépris des risques et tout en sueur vient surprendre à une distance
de crachat un homme du Hezbollah dans la Beqaa du Liban et l’honore d’une courte
rafale dont le prix de chaque balle n’excède pas deux shekels. S’il l’égorge,
c’est encore mieux, ça ne coûte rien et ça fait plus d’effet. Les moyens
technologiques sophistiqués pour éliminer un chef du Jihad islamique par un tir
de missile d’hélicoptère, ça coûte des centaines de milliers de shekels.
L’équipage de cet appareil de fabrication américaine, jusqu’à présent, ne prend
pas trop de risques. Ca nous rend tributaire des américains qui nous pourvoient
en équipement. Notre « puissance » militaire nous assujettit à leurs dictats et
à leurs intérêts globaux dans la région, nous liant pieds et poings, donc
ultimement, cette puissance militaire devient facteur de faiblesse, fardeau plus
qu’atout stratégique. A quoi sert la puissance de feu si elle est assujettie à
une puissance étrangère, même amicale. Il vaut mieux des armes de poing qu’on
peut utiliser quand bon nous semble à des avions à réaction qu’on utilise que
lorsqu’on nous en donne l’aval. C’est d’ailleurs l’avantage tactique des
terroristes qui, en dépit de leurs faibles moyens, ont une grande souplesse de
prise de décisions et d’initiative.
Engager l’armée israélienne
sur le terrain libanais, ne pas perdre de vue que l’aviation et tous les corps
d’armée budgétivores ne sont, dans le meilleurs des cas, que des forces de
soutien, qui ne peuvent se substituer au rôle traditionnel des armées
terrestres, depuis la conquête de la Terre d’Israël par Josué, les guerres du
Péloponnèse, en passant par les conquêtes de Napoléon, le débarquement en
Normandie et l’intervention américaine en Iraq. Reconquérir la Terre d’Israël au
Liban, en Syrie et ailleurs dès la moindre escarmouche, éliminer l’ennemi sans
faire de prisonnier, détruire ses villages, renvoyer les populations hostiles et
y ériger des points de peuplement hébreux pour les millions de juifs encore en
diaspora. Tiens ! Ca serait une excellente idée : l’installation des juifs
fraîchement arrivés de France au Liban libéré par
Tsahal.
Vous allez me dire que je
souffre d’une incurable hypertrophie de romantisme biblique inspiré par les
superproductions hollywoodiennes en technicolor à la Cecil B. De Mille comme
« les Dix Commandements », « Samson et Dalila », « David et Goliath » et « Ben
Hur » . Et bien je m’avoue coupable et j’ajouterais que c’est ce type de
scénario qui a permis au Peuple d’Israël de reconquérir sa Terre, dans les temps
bibliques comme de nos jours. En 1948, alors que la force juive était composée
de va-nu-pieds, mal équipée, on envoyait les nouveaux immigrants fraîchement
arrivés se battre dès leur débarquement au port de Jaffa sans se préoccuper
s’ils savaient tenir un fusil en main. On a repris le Pays d’un ennemi cruel,
mieux entraîné, plus nombreux et mieux équipé. On a détruit ses armées, ses
villes et villages, on l’a renvoyé dans les pays arabes, et ainsi on a réobtenu
la Terre que nous espérions depuis 2000 ans. Quand les arabes prétendent
justement qu’on a repris le pays par la violence et qu’on a réduit en cendres
leurs demeures, il ne faut pas répondre que c’est faux et qu’on ne voulait pas
leur faire de mal. Il faut avouer qu’ils ont raison,
qu’on voulait leur faire du mal par suite à
leurs agressions et que c’est tellement vrai et encore actuel qu’on est prêt à
faire pire s’ils osent manifester la moindre velléité guerrière. Et depuis que
Tsahal ne fait plus ce travail, qu’il ne se contente que de répliquer à une tir
hostile de loin sans faire payer à l’ensemble de l’environnement arabe par la
perte de ses terres, c’est là que nos problèmes ont commencé. Pour un cheveu
d’enfant juif, ces « diables » d’israéliens sont prêts à raser le Moyen-Orient
et à déclancher la Troisième Guerre mondiale. C’est ce que les arabes doivent se
dire et pour les convaincre de cela, on doit leur donner un exemple en
commençant par raser le Liban et Gaza, leur confisquer ces territoires et y
installer des juifs.
On est arrivé au paradoxe où la
puissance militaire est l’alibi pour ne pas faire le travail militaire
nécessaire, à savoir exterminer l’ennemi, Hezbollah ou Hamas, reprendre les
terres lâchement abandonnées par les gouvernements précédents,
reconstruire les implantations. Puisque le
transfert de population a été universellement établi comme justifié pour les
juifs de Gaza, il serait raciste de considérer cela injuste quand il s’agit des
arabes. Donc il faut renvoyer les arabes de Gaza qui se sont avérés
définitivement hostiles en donnant la majorité de leurs voix au Hamas, et faire
la même chose au Liban ou en Syrie si Assad fait le moindre geste de soutien au
Hezbollah.
On va me dire que les
américains, les européens et les autres gugusses ne nous laisseront jamais faire
cela. C’est vrai, et alors ? Qui a dit que créer l’Etat d’Israël et le défendre
doivent être une sinécure. Il faut du cran, oui, payer le prix et ne pas se
laisser impressionner par Washington. Quand on a créé l’Etat d’Israël, ils nous
ont laissé ? Ils ont accepté après coup. Quand on a repris Jérusalem, le Sinaï,
le Golan et la Judée Samarie après le veto de De Gaulle en 67, ils nous ont
laissé ? Jusqu’à présent ils s’y opposent et ça fait déjà 40 ans. On devra faire
front à l’opposition américaine un jour ou l’autre, c’est inéluctable. Les
américains nous donneront l’illusion que ci et là, on peut réagir militairement,
mais toujours en fonction des limitations subordonnées à leurs intérêts. Déjà,
entreprenons de nous débarrasser de ce gouvernement de lâches pathétiques, de
nous dévassaliser des américains en redevenant une petite armée efficace, ce qui
nous octroiera une plus grande amplitude de liberté dans nos initiatives
d’offensive. L’alternative, c'est-à-dire le maintien de notre potentiel
militaire pléthorique et par conséquent, notre subordination totale aux dictats
américains de réactions militaires mitigées et inefficaces, de retraits
territoriaux et de création d’un Etat palestinien, c’est, Dieu préserve, notre
perte assurée ou du moins, une catastrophe aux proportions insoupçonnables. Ca a
déjà commencé comme on peut le constater en ouvrant le poste de radio. Peut-on
dès lors renverser cette tendance ? J’aimerais y croire, mais à voir le soutien
pavlovien au gouvernement et à Tsahal, venant même du public qui en a été la
victime l’été dernier, j’en doute fort.
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