Je ne m’intéresse pas
spécialement aux chanteuses et chanteurs mais j’ai dernièrement appris que la
belle chanteuse franco-israélienne Orlika se serait produite pour les
populations de nord d’Israël uniquement accompagnée d’un musicien et avec, pour
tout appareillage technique, un manche à balai et une télécommande, du fait que
dans les abris, tout devait être précaire et rien n’était prévu pour des
concerts. J’avoue que je n’y connais strictement rien en technique audio et je
vois donc mal comment il peut être possible de chanter dans ces conditions.
Et le manche à balai m’a
fit de suite penser que la légende veut qu’une sorcière soit méchante, petite,
voûtée, vilaine, avec une voix éraillée, se déplaçant avec…….un balai.
Orlika, se serait donc
déplacée dans la partie bombardée d’Israël avec un manche à balai (et sa
télécommande) pour donner un peu de joie et de distractions à toutes celles et
ceux qui se mettaient à l’abri des attaques terroristes du Hezbollah pendant ces
34 jours de guerre. Mais elle n’a évidemment rien d’une sorcière, bien au
contraire. Gentille, généreuse, belle, très belle même, elle a une non moins
belle voix cristalline et pure, pure comme ses sentiments le sont. Elle n’eut
besoin ni d’orchestre ni de tralala mais que de la simplicité et de la
sincérité.
La générosité d’Orlika
est légendaire, m’a-t-on dit. Elle le prouva amplement surtout en ces moments
dramatiques et difficiles pour la population civile du nord d’Israël. A part
donc le balai, rien de commun avec une sorcière !
Oui, ma chère Orlika, tu
fus admirable (je me permets de te tutoyer car, étant plus âgé que ton Papa, tu
pourrais être ma fille, la fille que je n’ai pas eue), généreuse et courageuse
à l’inverse de certains, « beaucoup de certains » même, qui restèrent
bien silencieux, scandaleusement silencieux en ces moments dramatiques et
tragiques que connut ce pays qui nous est si cher, Israël.
Je pense en écrivant cela
à tous ces hommes politiques, ces philosophes, ces journalistes et surtout ces
artistes et chanteurs prétendument « amis d’Israël ».
Je pense en écrivant cela
en particulier à Monsieur Macias, « ami intime » de Monsieur Annan,
ce secrétaire général de l’ONU qui n’eut de cesse que de fustiger et condamner
systématiquement Israël. Monsieur Macias qui s’est honteusement tu pendant
toute cette guerre, certains lui trouvant déjà des circonstances atténuantes du
fait que son orchestre ne serait pratiquement composé que de musiciens choisis
parmi « ses amis musulmans » ! Monsieur Macias qui, il y a près
de deux ans, alors que tous le Juifs commémoraient dans la tristesse et le
recueillement le 60ème anniversaire de la Libération d’Auschwitz, aurait été
chanter dans je ne sais quel pays arabe ! Je n’ai pas entendu dire qu’il ait
chanté en Israël ces dernières semaines. Pourquoi ?
Je pense en écrivant cela
à Monsieur Bruel qui, lui aussi, s’est honteusement tu pendant toute cette
guerre mais qui n’hésite paraît-il jamais à chanter en Tunisie et au Maroc, au
Maroc où il aurait chanté à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance de
ce pays. Je n’ai pas entend u dire qu’il ait chanté ces dernières semaines en
Israël. Pourquoi ?
Ma chère Orlika, il m’a
été dit que tu devais « sortir » ces jours-ci un nouvel album dans
lequel il y aurait de la « musique orientale ». Mazal tov en
espérant seulement que par « musique orientale », il ne soit pas
entendu « musique arabe » car je ne te cache pas que si je n’ai
jamais trop apprécié cette musique malgré mes origines, je la déteste
maintenant. Je m’insurge de la façon la plus ferme qui soit contre son invasion
grandissante dans nos fêtes familiales et sur les ondes de la fréquence juive
parisienne. Et je ne parle pas de ces horribles « you-you » entendus
jusque et y compris dans nos Synagogues ! Car enfin, y a-t-il de la
musique israélienne ou juive dans les fêtes arabo-musulmanes et sur les ondes
des radios arabes ?
Vois-tu, ma chère Orlika,
je considère, même si cela pourra te surprendre et ce surtout depuis plus de 6
ans maintenant, que la diffusion de musique arabe constitue un acte d’inimitié
envers Israël et j’en voudrais pour preuve qu’à chaque fois que des événements
dramatiques se déroulent en Israël, cette musique disparaît des ondes de la
fréquence juive. Pendant ces 34 jours de guerre, et même maintenant (c’est
heureux !), il n’est diffusé que de la musique et des chansons
israéliennes, y compris orientales israéliennes, par « solidarité avec
Israël » est-il précisé. Rien que de la musique israélienne. Rak Ivrit
semble être le mot d’ordre. Et c’est très bien comme cela !
Si j’insiste sur ce
point, sur la diffusion donc de la musique arabe, ma chère Orlika, c’est que je
m’étais laissé entendre dire que tu serais en quelque sorte fascinée par cette
chanteuse égyptienne, Oum Khalsoum, et que tu repris, ou tu aurais repris, son
répertoire en arabe. Oum Khalsoum, certes, avait une très belle voix mais il
faut quand même se souvenir qu’elle s’était rendu tristement
« célèbre » dans le monde arabo-musulman en 1967, juste avant le déclenchement
de la Guerre de Six Jours, avec sa fameuse et criminelle chanson « Egorges,
égorges les Juifs ». J’ose espérer que cette horreur d’appel au
meurtre ne figurait pas dans ton répertoire !
Non, décidément non, pas
de musique ni de chansons arabes, s’il te plaît ; il y a tellement de très
belles musique et chansons orientales israéliennes !
J’ai également appris
qu’en France, tu devrais bientôt te produire en première partie du prochain
concert de Monsieur Macias. Quel gâchis ! Je ne suis ni impresario, ni producteur,
ni animateur, ni organisateur mais, à mon gré, je pense que tu mérites, ma
chère Orlika, un concert à toi avec en première partie, une chanteuse ou un
chanteur israélien.
Voilà, ma chère Orlika,
ce que je voulais te faire savoir en te disant ‘Hazaka ou Baroucha, Kol
hakavod pour ce que tu fis pour ces populations affectées par la guerre.
Charles Etienne NEPHTALI