Tandis que Bayrou et Sarkozy se rapprochaient de leur entrée officielle en
campagne, des plateaux de télé et des Français, Ségo, elle, avait décidé de
prendre de la distance et de la hauteur. Afin d'oeuvrer à sa stature de femme
d'Etat. Tous ces vilains machos lui reprochaient-ils de manquer d'expérience
internationale comme un George W. Bush avant d'entrer à la Maison Blanche ? Elle
allait se coltiner le Proche-Orient et y tester la diplomatie
participative.
Au lendemain de son investiture officielle par le PS, le 26 novembre, et de
son discours
copié-collé de la Mutualité, Ségolène Royal s'envolait donc pour le Liban.
Et ne tardait pas à se prendre les pieds dans le tapis de l'Orient
compliqué...
Car Ségo et ses porte-parole peuvent bien s'agiter maintenant, mais l'on
retiendra de son voyage au Proche-Orient que la candidate socialiste a accepté
de rencontrer un député du Hezbollah libanais et qu'elle a envisagé de
rencontrer des représentants du Hamas palestinien, deux organisations
politico-militaro-terroristes qui nient le droit à l'existence d'Israël, et lui
font la guerre.
Et notre Royal de
Saba n'a certainement pas fini d'entendre parler de son faux
pas, vendredi dernier, lors d'une rencontre avec des parlementaires
libanais, dont Ali Ammar, élu du Hezbollah. Ségo a tranquillement écouté la
harangue anti-américaine et anti-israélienne du député chiite. Et elle n'a même
pas réagi quand ce dernier a comparé les Israéliens aux nazis, ainsi que le
Hezbollah à la résistance française.
A la fin de sa diatribe, Mme Royal a répondu à l'élu : Il y a beaucoup de
choses que vous dites que je partage, notamment l'analyse du rôle des
Etats-Unis... Une potentielle présidente de la République qui partage
l'analyse du Hezbollah sur les Etats-Unis ? Oups ! Et il lui a fallu
vingt-quatre heures pour condamner
les propos antisémites du représentant du Hezbollah. Question de traduction,
paraît-il. La candidate socialiste et l'ambassadeur de France n'auraient rien
entendu ou plutôt rien compris des propos incriminés, car ils étaient
accompagnés d'un mauvais traducteur. Tandis que les journalistes présents, eux,
en auraient eu un excellent...
Dans tous les cas de figure, Ségo et son entourage ont commis une faute
lourde. Car, si elle a eu droit à la bonne traduction et qu'elle n'a pas
réagi immédiatement, c'est très choquant. Mais, si elle n'a pas eu droit à une
traduction complète et précise en direct, dans un contexte aussi difficile,
c'est de l'amateurisme pur et simple de sa part et de celle de son équipe.
Enfin, rien n'explique ou n'excuse qu'elle ait attendu vingt-quatre heures pour
condamner sévèrement, après avoir même nié qu'elles aient été faites, les
déclarations du député du Hezbollah.
La politique au Proche-Orient, ce n'est pas aussi simple qu'en
Poitou-Charentes...
Source
: http://hertoghe.typepad.com/carte_de_presse/2006/12/royal_de_saba.html#more