Si la commission Winograd a rendu son
jugement sur la conduite israélienne lors de la deuxième guerre du Liban, nul
n’a encore véritablement statué sur la réalité de la situation dans la bande de
Gaza vis-à-vis de son voisin israélien. En septembre 1993, les accords d’Oslo
ont autorisé la création d’une Autorité palestinienne, puis sa tutelle sur la
bande de Gaza et la ville de Jéricho. Yasser Arafat, chef de l’exécutif alors
exilé en Tunisie, y revint auréolé de gloire pour avoir, enfin, expulsé l’autorité israélienne d’un pan de territoire et ainsi
amorcé le renouveau de l’état de « Palestine ».
Douze années plus tard, Ariel Sharon, alors
Premier Ministre, décida sous la pression internationale due aux ‘’accords de Genève ’’ de se retirer
unilatéralement et totalement de la bande de Gaza. Militaires et citoyens
rentrèrent en Israël et laissèrent les Gazaouits dans une totale liberté de
décider de leur propre avenir. Un futur qui aurait dû être basé sur la paix et
la coopération entre les deux belligérants, et ainsi permettre la concrétisation
d’un énième état arabo-musulman résolvant définitivement le conflit
israélo-arabe. C’est ainsi que le concevait, pour le moins, la grande majorité
du peuple israélien ardent soutien de ce retrait.
En ce début de l’année 2008, la situation
est tout autre et le constat des actions politiques israéliennes, depuis le
début des négociations avec l’Olp, s’avère être qu’un immense échec. Aujourd’hui la bande de
Gaza est dominé par un groupuscule terroriste, imposant sa loi islamique aux
citoyens du territoire, mais aussi l’ordre du jour régional. Israël est arrosé
par des « roquettes artisanales »
et des obus de mortiers, la frontière égyptienne est détruite, et l’autorité
palestinienne réduite à une peau de chagrin.
Le rêve que le monde concevait le 13
septembre 1993 s’évalue être en réalité que l’accomplissement du plan par étape élaboré par Yasser Arafat
en 1974 et qui a pour visée avouée l’éradication totale de l’état des Juifs.
Ainsi, la bande de Gaza a été rendu Judenrein et, de fait, servira à la
poursuite de ce combat. Certes, l’Olp concevait une telle réussite, mais ne se
voyait pas alors remplacé par toute autre organisation. Cependant, pour le
peuple israélien, le résultat ne diffère en rien. Les accords d’Oslo, puis la
pression des négociations de Camp David, le retrait unilatéral du Liban et enfin
le retrait unilatéral de la bande de Gaza l’on mené à se mettre en danger. Les
Premiers Ministres successifs, et leurs conseils, ont une lourde responsabilité
dans leur manque de réflexions sur le devenir de leurs actes et la situation
actuelle.
Ehud Olmert, colistier de la débâcle
israélienne ci-dessus mais ragaillardi par la conclusion cynique du rapport
Winograd, peut se croire aujourd’hui mandaté pour agir, en collaboration avec
Abou Mazen, dans l’objectif de « deux états
vivant côte à côte en paix » (sic). A la lumière de l’analyse des
faits et actes politiques israéliens, il est évident que toute négociation
future doit être corroborée par des preuves indiscutables de l’intention des
‘’Palestiniens’’ toutes tendances confondues.
Tant que ces preuves ne seront pas
vérifiées et vérifiables par tous les israéliens, aucune concession ne doit être
tolérée, ni même imaginée. Agir autrement c’est confirmer des années de guerre à
venir, voire une réussite du plan par
étapes et donc la fin de l’état d’Israël et du droit du peuple juif à
son auto-détermination.