Israël, mon extrême Amour…
Yael Attal Gusi
Depuis près d’une semaine il fait chaud à Jérusalem et
dans tout Israël. C’est le « charav », le vent du désert, qui rend
l’atmosphère pesante et chargée de poussière ocre et sablonneuse. Trois
semaines auparavant il neigeait et la belle pierre des maisons de Jérusalem
éblouissait nos yeux par sa clarté.
Israël est le pays de tous les extrêmes. Dans une même
journée il peut neiger le matin, faire soleil l’après-midi et pleuvoir le
soir. On peut se disputer comme un vulgaire chiffonnier avec son voisin du
dessus car quand il étend son linge, l’eau dégouline dans notre balcon et cinq
minutes après la colère, aller boire un café chez lui. On peut être en
train de se réjouir, dans une fête (mariage, Bar Mitsva…) et en une seconde
devenir triste car on a entendu l’atroce nouvelle d’un attentat ou celle d’un
de nos soldats de Tsahal qui vient d’être tué pour défendre Notre Terre…
Dire que les Israéliens ont le
sang chaud n’est pas une légende ! Pour vivre en Israël, il faut être bien
éveillé, être très alerte et savoir saisir immédiatement une bonne occasion
quand elle se présente. Lorsque je suis montée en Israël il y a quinze ans de
cela, deux jours après mon Alyah un chauffeur d’autobus Egged en entendant mon
accent français à couper à la tronçonneuse m’a dit la chose
suivante : « bienvenue en Israël et retiens ces trois
recommandations : ce que tu ne pourras obtenir par la force, obtiens-le
par la violence ; si quelqu’un te donne quelque chose de gratuit, même si
tu n’en n’as pas besoin, prends-le ; n’aie pas honte de crier même quand
tu as tort, ça paiera toujours ! » Avec ces trois ingénieux conseils,
j’étais blindée pour réussir mon Alyah !!
Les Israéliens nés ici sont
appelés des « Tsabarim » des figues, car ils sont comme celles de
Barbarie, piquants à l’extérieur et sucrés à l’intérieur. En Israël, on ne
s’attarde pas sur la politesse car beaucoup pensent que c’est de l’hypocrisie.
Quand on veut quelque chose, il faut le demander directement sans passer par divers
détours inutiles. L’adage « le temps, c’est de l’argent » se vérifie
ici à chaque instant et si le temps file à une vitesse folle, l’argent est bien
difficile à gagner. J’écris cela, mais quand j’habitais Paris, je cavalais tout
le temps et personne ne m’a jamais fait cadeau même d’une heure de travail !
Il faut dire aussi qu’il y a
beaucoup de stress et de pression en Israël et surtout pas mal de désaccords
entre nous. Tout le monde connaît la blague des deux Juifs qui se retrouvent
sur une île déserte et qui construisent quatre synagogues : une Ashkénaze,
l’autre Sépharade et les deux autres dans laquelle chacun d’eux ne mettra
jamais les pieds ! Et aussi : deux Juifs qui discutent ce sont trois
avis différents !
Cependant, tous les Israéliens
même ceux de gauche, sont d’accord sur un point : le retrait du Goush
Katif a été une fatale erreur pour la sécurité du Pays et des villes comme
Sderot et Ashkelon en paient tous les jours un lourd prix. On a donné le Goush
Katif, on a déporté des centaines de Juifs qui y étaient nés, y avaient un
travail, une école, des Synagogues, des salles de fêtes, on a donné
de l'argent pour qu'un peuple s'y installe afin d’y vivre en paix et à
condition de nous laisser en paix. Eux le sont, mais nous, nous
devons constamment nous défendre.
Quelle nation au monde
accepterait une situation pareille ?
Prenons un exemple
"surréaliste" : des terroristes Corses se mettraient
à balancer des bombes à longueur de temps sur la région Provence Alpes
Côte d'Azur en revendiquant cette portion de terre qu'ils prétendent être la
leur. Le président de la République, atteint de démence depuis quelque
temps déjà, offre cette région aux Corses qui l'annexent.
On éparpille n'importe où en France tous les habitants de la région
Provence Alpes Côte d'Azur en leur donnant de ridicules indemnités. Une semaine
après, les Corses occupant un poste stratégique, s'attaquent maintenant à
celle du Rhône-Alpes, du Languedoc Roussillon et ainsi de suite jusqu'au
Centre, Île de France etc...
Il y a des gens
qui seraient prêts à sortir leur 22 long rifle sur le
propriétaire d'un chien si ce dernier venait à faire ses besoins sur
leur pelouse ! Accepteraient-ils le millième des sacrifices qu'endurent
les Israéliens et au nom de quoi ??
Il y a dix jours de cela, Tsahal
a survolé Gaza afin de tirer sur les QG du h'amas. Ces terroristes n'ont rien
trouvé de mieux à faire que d'installer des enfants sur les toits afin de
montrer aux pilotes Israéliens que s'ils tiraient, ils tueraient des gamins.
Alors les pilotes sont retournés à leur base, sans effectuer aucune frappe...
Par contre nos huit enfants qui
jeudi dernier célébraient à la Yeshivat Merkaz Harav le nouveau mois d’Adar,
celui pour lequel il faut ajouter de la joie, se sont fait massacrer par un monstre
pétri de haine. Pauvres enfants horriblement assassinés et pauvres parents
inconsolables. Pauvre peuple Israélien qui bout de l'intérieur car on lui met
des chaînes et qu'il ne peut pas se défendre comme il le devrait.
Chaque soldat de Tsahal qui tombe
engendre notre douleur et chaque enfant, chaque Juif à Sderot, Ashkelon,
Jérusalem ou ailleurs qui est tué, blessé ou amputé à cause d’une Katiousha
tombée près de lui, ouvre en nous une plaie de souffrance qui ne se refermera
jamais.
Cependant, nos ennemis pourront balancer toutes les bombes
qu’ils veulent et essayer de nous détruire, nous resterons sur Notre Terre,
nous continuerons à danser et parfois à pleurer, à tomber et à nous relever, à
nous disputer et à nous réconcilier, à courir et à nous arrêter pour contempler
la beauté d’Israël, à demander à D-ieu qu’Il nous envoie la pluie comme le beau
temps.
Il faut encore chaud en Israël ce
soir, mais le cœur de chaque Juif est froid. Puisse le Ciel réchauffer nos âmes
à la lumière du troisième Beth Hamikdach reconstruit. Immédiatement de nos
jours et dans un élan d’extrême Amour.