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EDITORIAL du
JOURNAL Toulousain…
n°137 – NOVEMBRE 2004
Par André Galégo
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Notre pays n'est pas encore
sorti de son débat sur le foulard
islamique et voilà que quelques-uns
de nos politiques les plus OGM,
tentent de nous imposer la mode
du Keffieh, façon Arafat...
Et personne pour les faucher
dans leur élan d'inconscience,
car probablement tous réunis
par les mêmes intérêts de commerce
politiquement équitable... "La
France n'est pas grande quand
elle est arrogante", déclarait,
voilà quelques mois Michel Barnier, notre
ministre des Affaires étrangères,
à l'occasion de la réunion annuelle
des ambassadeurs et des chefs
de représentations diplomatiques.
Quel moment de lucidité ! Il
faut dire que les échecs subis
par la diplomatie française
ces derniers mois, tant sur
le plan européen que mondial,
y sont pour quelque chose. Mais
la France est ridicule et dangereuse
quand elle pense qu'un Saddam
Hussein ou un Yasser Arafat
sont les meilleurs représentants,
les meilleurs défenseurs de
la cause musulmane, en terre
d'Irak, comme en terre de Palestine Rappelons
même que l'opposition de la
France à la guerre en Irak l'a
rendue très impopulaire dans
ce propre pays où elle est considérée
aujourd'hui comme le dernier
défenseur de Saddam Hussein.
Qui a lui tout seul représentait,
ne l'oublions quand même pas,
l'arme de destruction massive.
Il suffit pour s'en convaincre
de se pencher sur l'histoire
de ce dictateur. Le rôle de
la France aurait dû d'être aux
côtés des alliés, ne serait
ce que pour nuancer leur action,
voire imposer aux Américains
que les Irakiens eux-mêmes participent
à la libération de leur pays.
Par ailleurs, par cette
opposition sans concession,
la politique arabe de la France
n'est pas sortie renforcée car
elle reste hors-jeu dans le
conflit israélo-palestinien
et a perdu toute crédibilité
dans le processus de contrôle
des armes de destruction massive
en Libye comme en Iran. Plus
grave, à mon avis en acceptant
de permettre à Yasser Arafat
de finir ses jours sur son sol,
elle prend position et, j'en
ai peur, choisit définitivement
son camp. Créant, indirectement,
dans l’hexagone toutes les conditions
d'une montée d'antisémitisme,
de la part de certains qui ne
rêvent que de revanche et de
conquête, Et qui pourrait nous
offrir, plus que des sifflets
de la Marseillaise, des lendemains
qui déchantent... Sans oublier
que dans le cas du leader palestinien,
de nombreux citoyens français,
touchés dans leur chair, seraient
en droit d'attendre qu'il réponde
de crimes contre l'humanité,
ce qui n'est tout de même pas
insignifiant. Oui, les citoyens
français ont le droit à des
éclaircissements, mais aussi
et surtout à l'assurance que
l'alibi humanitaire n'est pas
un procédé visant à camoufler
un "geste largement politique,
pour un pays qui ambitionne
de jouer encore un rôle au,
Moyen-Orient ". Mais
tout d’abord qui est Arafat
? Un terroriste, un illusionniste,
un imposteur, un voyou, un homme
d'affaire ? Ou plus probablement
le résultat de tous ces qualificatifs
qui en ont fait pendant des
décennies le bras armé du terrorisme
international. Il est né au
Caire, de parents palestiniens,
y a été élevé et parlant l'arabe
égyptien. Par contre il n'a
jamais pris part à la guerre
israélo arabe de 1948, ni à
la "naqba" (catastrophe),
que les Palestiniens considèrent
comme le fait fondateur de leur
nation. N'a pas participé non
plus à la guerre de Suez, malgré
ses nombreuses allégations y
faisant référence. C'est en
1958 qu'il crée le " Fathah'
" ou "conquête",
le mouvement politique qui allait
devenir plus tard la faction
dominante de l'OLP. Pour lui
l'accent devait être mis sur
la nécessité de la violence
: "Les gens ne sont
pas attirés par des discours
mais par des balles"...
Ou comme il l'avait annoncé
à un auditoire suédois en 1996
: "Notre objectif reste
l'élimination de l'état d'Israël
pour établir un pur état palestinien.
Nous ferons en sorte que la
guerre psychologique et
l'explosion démographique deviennent
insupportables aux Israéliens...
Nous prendrons tout, y compris
Jérusalem! ". C'est
en 1965, qu'il lance la 1 ère
attaque contre Israël, dans
une pompe à essence, et tire
les premières leçons de cette
expérience : "N'attaquer
que des objectifs vulnérables
et faciles, des civils ".
Début du terrorisme moderne,
celui de la lâcheté avec le
massacre de Munich en 1972,
meurtre de diplomates américains
à Khartoum en 1973, massacre
d'écoliers à Maa'lot en 1974.
Et malgré ce positionnement
extrémiste, Arafat va profiter
de son relationnel particulier
avec la gauche occidentale,
pour façonner sa légende, son
image et faire de son Keffieh,
le symbole d'une lutte armée
juste... On ira même jusqu'à
lui décerner le Prix Nobel de
la Paix, en compagnie du
tandem Rabin-Peres entré sous
la pression internationale,
dans le jeu de la paix.. Mais
en Juillet 2 000 lors des accords
de Camp David, le leader de
l'Olp mis au pied du mur par
le premier ministre Israéliens
d'alors, Ehud Barak,qui acceptait
ses quatre volontés sur Jérusalem,
se dérobe devant ses responsabilités...
Il va sans dire qu'Arafat
a échoué dans ses plans sinistres
et même la restitution des territoires
dits occupés de Gaza, ne changeront
plus rien. Les Israéliens comme
les Européens, hormis la France,
réalisèrent tardivement que
le maximum qu'ils pouvaient
céder était bien en dessous
du minimum qu'Arafat voulait
obtenir et ont refusé de
traiter avec lui. Mais si tout
a échoué c'est surtout qu'Arafat
avait plus d'intérêts inavoués
à tromper son monde en jouant
les victimes que d'avoir à gérer
demain un territoire et un peuple... Que
reste-t-il aujourd'hui, de ce
beau mirage ? Pas grand chose
car on ne peut construire sur
de la haine, le sang versé ne
s'oublie jamais. Cette politique
de la terreur associée à cette
culture du culte de la personnalité,
a affaibli, pour ne pas dire
effacer, la vision politique.
Aujourd’hui nul ne peut prévoir
ce qui se passera dans l'après
Arafat, car peu de choses en
fait peuvent unir les Palestiniens
entre eux. Sans lui, probable
que le semblant de loyauté à
la cause, qu'il pouvait incarner
va s'évaporer. Et comme dirait
l'un de mes amis : « Arafat
avait le mérite de maintenir
vivante jusqu'au bout l'illusion
qu'il avait créée. » "Maintenant
que le magicien n'est plus sur
la scène, les chimères s'évanouissent
dans les limbes " Reste
aussi le rôle des occidentaux
qui trop souvent donnent l'impression
qu'il y avait deux n sortes
de victimes du terrorisme ?
Madrid-Ashdod n’est ce pas le
même combat ? Plus, à la
lecture de certains commentaires
on pourrait croire, un instant
que dans l'esprit de quelques
dignitaires français, il y aurait
donc de bons terroristes et
de mauvais terroristes ? Attention
à la réponse. Car s'il y a terrorisme
et terrorisme, c'est qu'il y
a victimes et victimes. Dans
le même registre il est surprenant
de constater qu'après les attentats
de l'été 1995 à Paris, quand
la gendarmerie française
tue Khaled Kelkal, personne
n'y voit d'objection, les diplomaties
n'y trouvent nul motif de réprobation...
A contrario quand Ahmed
Yassine soi-disant "résistant
caritatif" de la cause
palestinienne auteur d'attaques
violentes contre les Juifs d'Israël
: "Tout Juif est une
cible et peut être tué "
et même plus en engageant, par
ses propos, une guerre de religion
"Unissons-nous pour frapper
ce serpent judéo-croisé, cet
ennemi despotique (...). ", là
les commentaires sont très durs
contre les dirigeants Israéliens.
Qui pourra me faire croire que
les propos tenus par cet emblématique
dignitaire palestinien relèvent
ici de politique, d'opinion,
ou de combat libérateur. Où
y a t-il dans ces comportements
extrêmes une quelconque ressemblance
avec les actions d'un Jean Moulin,
comme on a pu le lire dans la
presse française branchée...
Seul reste une exaltation
à la mort, où le suicide d'enfants
est mis au service du meurtre.
Bien sûr qu'il faut une solution
politique à la guerre fratricide
qui oppose les Israéliens aux
Palestiniens. Bien sûr, qu'il
faut un Etat palestinien souverain,
mais aussi que cet Etat soit
la première démocratie du monde
arabe. Mais on n'a pas toujours
l'impression que c'est ce a
quoi tendent 1es actions terroristes
du Hamas. Et comme confiait
1'anbassadeur d'Israël en France
Monsieur Nissim Zvili "Ils
tuent pour tuer. Yassine envoyait
des enfants palestiniens se
faire exploser pour que des
enfants juifs meurent avec eux.
Il est mort, pour que vivent
ces enfants…" Que l’on
s’y trompe pas le terrorisme
n'est pas une idée, c'est une
méthode qui prend délibérément
pour cible des civils, C'est
ensuite une passion ;
celle de la haine d’on nous
sommes tous victimes. Comme
les. Juifs d’Israël, les
Juifs de la diaspora, l’Occident,
l'Orient, la Chrétienté et aussi
l’Islam modéré, même l’athéisme
sont des cibles désignées. Tous
ceux qui de Munich à New York
en passant par Casablanca ma
ville, Istanbul, Karachi, Madrid,
Ashdod et Paris, ont payé de
leur vie le fait d’appartenir
à un monde ou la liberté est
préférée à la servitude, ou
l’amour de la vie à la passion
de la mort ? Soyons en certain
aucune des victimes innocentes
relevées ici et là n’est pas
morte pour la libération de
Ramallah. C’est notre civilisation,
celle qui est issue du monothéisme
et des Lumières, celle des philosophes
éclairés et des tolérances équitables
qui se trouve aujourd'hui en
danger. Oui, une nouvelle guerre
mondiale est en route. Différente
certes, mais avec une nouvelle
arme terrifiante : le terrorisme.
La guerre est déclarée contre
nous tous. On n'a pas le droit
de la perdre. La lutte contre
le terrorisme dans le monde
entier se doit d’être implacable. Et
si pour donner encore plus de
poids à mes propos, j'y ajoutais
le dossier de "l'argent
secret" de Yasser Arafat,
on comprendrait l'énormité de
la supercherie... C'est ainsi
que les avoirs contrôlés par
le dirigeant palestinien et
placés à travers le monde, dépasseraient
le milliard de dollars et proviendraient
de fonds soustraits à l’Autorité
palestinienne de 1995
à 2 000. La revue américaine
Forbes, place même le « rais
» en 9e position parmi les hommes
d’Etat les plus riches du monde,
avec un pactole personnel évalué
à 200 millions USD. D’ailleurs
en 2 003 le Parquet de paris
a demandé à l’office central
de la répression de la grande
délinquance financière d’enquêter
sur une éventuelle affaire de
blanchiment d'argent impliquant
Mme Arafat. Dans le même temps
la Banque de France s'est alarmée
de plusieurs versements d'un
total de 11,5 millions d'euros
provenant de Suisse entre juillet
2002 et juillet 2003 sur ses
comptes parisiens de la BNP
et de l'Arab Bank.
Eh oui Arafat disposerait
de sommes énormes, et les difficultés
de transition du pouvoir chez
les Palestiniens tiendraient
peut-être aussi de cela. D'autant
plus que le Fonds monétaire
international (FMI) fait état
d'un "trou" de 778
millions de dollars dans les
comptes de l'Autorité palestinienne
et note au passage l'absence
de traces sur les sommes prélevées
au titre des impôts sur le revenu. Et
oui comme toujours la quête
du pouvoir aurait des résonances
moins avouables. André
Gérôme GALLEGO Directeur
de la Publication On
peut toujours lui écrire, le
remercier et même s’abonner
pour l’encourager au :
Le
Journal Toulousain premierereponse@wanadoo.fr Leur
site : http://www.premiere-reponse.com/groupe.php
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