L’hospitalisation en France
de Yasser Arafat n’a à
ce jour suscité aucune
réaction officielle de
désapprobation de la
part de la Communauté
juive de France et de ses institutions
représentatives. Ni communiqué,
ni déclaration, ni manifestation.
Ce silence assourdissant est
aussi difficile à comprendre
qu’à accepter.
Indépendamment
des raisons médicales
de son transfert en France et
de son état de santé
réel, dont les informations
à ce jour demeurent assez
floues :
Il est indispensable
de rappeler aux dirigeants politiques
français qui ont accepté
cette venue, ainsi qu’à
une opinion publique compatissante
devant le vieillard au keffieh
usé, qui est réellement
Yasser Arafat : un chef de guerre
qui tout au long de son règne
despotique sur les institutions
palestiniennes n’a jamais cessé
de combattre Israël, de
torpiller les initiatives de
paix, d’accepter et d’encourager
le recours au terrorisme aveugle
contre des civils israéliens
innocents et des ressortissants
juifs français (jusqu'à
preuve du contraire), d’alimenter
un système mafieux de
corruption massive et totale
au sein des organisations palestiniennes,
d’y interdire toute opposition
interne et tout fonctionnement
démocratique, de plonger
et de maintenir par ces pratiques
criminelles à tous égards
le peuple palestinien dans la
misère et la terreur,
sans espoir et sans avenir.
Il est urgent
d’exprimer avec force et conviction
la désapprobation face
à cette venue en France
du principal ennemi d’Israël
et du peuple juif, mais également
de son propre peuple. L’âge
et la maladie de ce dictateur
n’excusent rien. La nécessaire
mémoire de ce qu’a fait,
et laissé faire, cet
homme depuis plus de trente
ans doit l’emporter sur tout
effet sournois de la pitié,
de l’érosion du temps
ou de pressions extérieures
diverses. Un tel sujet ne mérite
ni compromis, ni compromission.
Le
sens politique de cet accueil
par les autorités françaises
d’un des héraut du monde
arabe anti-israélien,
dans la grande tradition du
Quai d’Orsay, est évident.
La réponse à donner
à ce geste par la Communauté
juive de France doit être
à la hauteur. C’était
le cas il y a douze ans lors
de l’hospitalisation déjà
à Paris du chef du FPLP
Georges Habache. Ca ne l’est
malheureusement pas aujourd’hui.
Une réaction qui allie
force et dignité est
pourtant nécessaire.
Estimerait-on, comme d’autres,
que l’un est plus « incontournable
» que l’autre ? Evidemment
que non. Il faut rappeler en
outre que contrairement à
Habache en son temps, une procédure
judiciaire est engagée
contre Arafat sur la demande
des familles des victimes françaises
d’attentats commandités
par le Fatah.
Que des drapeaux
palestiniens soient agités
depuis trois jours par des partisans
français de Yasser Arafat
sous les fenêtres de sa
chambre d’hôpital et devant
les caméras du monde
entier est une chose. Que des
drapeaux israéliens y
soient totalement absents en
est une autre. Le soutien à
une cause politique dans une
démocratie comme la France
ne peut pas – et ne doit pas
- être remis en cause,
quelle qu’elle soit.
Serait-il
si choquant pour les juifs de
France de manifester leur désaccord,
d’une façon ou d’une
autre, avec la présence
sur leur sol d’un homme comme
Arafat ? Il est
grand temps pour la Communauté
juive de France de se lever
et de réagir. Qui le
fera pour elle sinon ?
Philippe
Meyer (*)
(*) Chroniqueur
au Jerusalem Post Edition française
et au site internet www.judeoscope.ca
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